
COMPASS : localisation visuelle par plan de bâtiment avec carte multi-canal et signature de scène
Des chercheurs ont présenté COMPASS, un algorithme de localisation visuelle pour robots qui exploite les plans architecturaux comme référence spatiale. Là où les méthodes existantes se limitent à la géométrie des bâtiments, COMPASS extrait simultanément les informations sémantiques contenues dans ces plans, murs, fenêtres, ouvertures, pour estimer avec précision la position et l'orientation d'un robot équipé de deux caméras fisheye. L'algorithme construit un descripteur radial à cinq canaux, inspiré du "scan context" utilisé en LiDAR, en projetant 360 rayons autour d'une position et en encodant pour chacun : la distance normalisée, le type d'obstacle rencontré, le gradient de distance, la distance inverse, et la variance locale. Cette représentation compacte est générée à la fois depuis le plan et depuis les images caméra, afin de les comparer directement.
L'intérêt concret de cette approche tient à sa frugalité : les plans de bâtiments sont des ressources universellement disponibles, contrairement aux cartes 3D denses ou aux nuages de points LiDAR qui nécessitent une infrastructure coûteuse. En associant un simple plan d'étage à des caméras fisheye grand angle, COMPASS ouvre la voie à une localisation précise dans des environnements intérieurs sans déploiement de capteurs spécialisés. Les applications visées sont nombreuses : robots de livraison, assistants en milieu hospitalier, drones d'inspection, ou systèmes de navigation pour personnes malvoyantes.
Le projet en est encore au stade de preuve de concept, validée sur le dataset Hilti-Trimble SLAM Challenge 2026 : les auteurs ont démontré que les signatures visuelles extraites de la première image de chaque caméra correspondent bien aux descripteurs issus du plan, confirmant la faisabilité du matching cross-modal. La prochaine étape consiste à étendre la détection d'éléments structurels au-delà des seules fenêtres, à intégrer la fusion des deux caméras fisheye, et à tester la localisation en conditions réelles sur des trajectoires complètes, un défi technique majeur qui conditionnera l'utilité pratique de la méthode.




