Les lieux où la technologie d'OpenAI pourrait se manifester en Iran
OpenAI a conclu un accord controversé avec le Pentagone pour intégrer ses systèmes d'intelligence artificielle dans des environnements militaires classifiés, ouvrant la voie à une utilisation opérationnelle de ses modèles dans des zones de conflit actives — dont les frappes américaines en cours contre l'Iran. Une décision qui marque un virage radical pour une entreprise qui s'était longtemps positionnée à distance des applications militaires létales.
L'enjeu dépasse la simple question commerciale. Le gouvernement Trump a déjà ordonné à l'armée de cesser d'utiliser les modèles d'Anthropic — concurrent direct d'OpenAI — après que cette dernière a refusé d'autoriser un usage militaire sans restriction. Anthropic est désormais désignée "risque pour la chaîne d'approvisionnement" par le Pentagone et conteste cette décision en justice. Dans ce contexte, OpenAI se retrouve en position de fournisseur privilégié, sous pression pour déployer rapidement ses capacités dans des systèmes classifiés.
Concrètement, selon un responsable de la défense, le modèle d'OpenAI pourrait être utilisé pour analyser des listes de cibles potentielles, croiser des données logistiques, et hiérarchiser les frappes prioritaires à partir d'entrées textuelles, d'images et de vidéos — un humain restant formellement responsable de la validation finale. En parallèle, via son partenariat annoncé fin 2024 avec Anduril — fabricant de drones et de systèmes anti-drones — OpenAI travaille sur l'analyse en temps réel de menaces aériennes contre les forces américaines. Le système Maven, déjà déployé par l'armée pour l'analyse automatique de footage de drones, pourrait bénéficier d'une interface conversationnelle basée sur les modèles d'OpenAI, à l'image de ce qu'Anthropic proposait avec Claude.
Sam Altman justifie ce pivot par une vision idéologique : les démocraties libérales doivent disposer des IA les plus puissantes pour contrebalancer la Chine. Mais la rapidité du revirement — et les questions ouvertes sur les garde-fous réels contre les armes autonomes et la surveillance domestique — alimentent une inquiétude croissante, y compris en interne chez OpenAI. L'Iran devient ainsi, pour la première fois, un terrain d'expérimentation grandeur nature pour l'IA générative dans des décisions opérationnelles militaires.
Le déploiement de l'IA d'OpenAI dans des contextes militaires classifiés renforce les débats européens sur l'encadrement de l'IA dans la défense, notamment dans le cadre du règlement IA de l'UE qui exclut certaines applications militaires de son périmètre.


