Le mode adulte d'OpenAI serait grivois, pas pornographique
OpenAI s'apprête à lancer un "mode adulte" pour ChatGPT, mais les contours de cette fonctionnalité se précisent : il s'agira de contenus textuels à caractère érotique, et non de pornographie au sens plein du terme. Selon un porte-parole anonyme cité par le Wall Street Journal, la distinction est claire — on parle de "smut" (grivoiserie) plutôt que de pornographie, limitant le périmètre initial aux conversations textuelles avec des thèmes adultes.
Cette annonce s'inscrit dans une évolution progressive des garde-fous imposés par OpenAI à ses modèles. La fonctionnalité avait été annoncée en octobre 2025, le PDG Sam Altman affirmant alors que l'entreprise avait suffisamment atténué les "problèmes sérieux de santé mentale" associés à son IA pour envisager un assouplissement des restrictions de sécurité. Ce virage reflète la pression croissante du marché : des plateformes concurrentes proposent déjà des expériences de roleplay sans filtre, captant une audience que ChatGPT ne pouvait pas encore adresser.
Au lancement, le mode adulte ne prendra pas en charge la génération d'images, de voix ou de vidéos — uniquement le texte. Cette approche prudente permet à OpenAI de tester la réception du public et de gérer les risques réglementaires et d'image avant d'étendre éventuellement les capacités multimodales. Aucune date de lancement officielle n'a été communiquée à ce stade, la fonctionnalité étant qualifiée de "retardée".
La question de la frontière entre contenu adulte et pornographie reste délicate pour une entreprise qui se positionne sur le grand public et les usages professionnels. OpenAI devra naviguer entre les attentes des utilisateurs, les exigences des régulateurs — notamment en Europe — et sa propre politique de sécurité, dans un contexte où la définition même du contenu acceptable par une IA reste un terrain juridique et éthique non stabilisé.
Le lancement d'un mode adulte par OpenAI pourrait interpeller les régulateurs européens au regard de l'AI Act et des obligations de protection des utilisateurs vulnérables.


